Le ventre, ce deuxième cerveau
Un lien étroit entre notre ventre et nos émotions
Ces dernières années, la littérature grand public scientifique s'est emparée d'un nouveau sujet : le fonctionnement du ventre. Le succès en librairie du livre Le charme discret de l'intestin, de Giulia Enders (Actes Sud, 2014) montre bien cet intérêt grandissant des Français. Par "ventre", on entend surtout les organes digestifs (intestins, estomac, foie, colon…).
Et quand on sait qu'un Français sur deux déclare souffrir de problèmes digestifs d'après un sondage IFOP de 2017, on comprend que ce thème soit au centre des préoccupations des consommateurs. De plus, le bien-être et le soin de soi sont des tendances de fond qui émergent depuis plusieurs années. Les Français souhaitent améliorer leur quotidien, et cela passe par le confort digestif.
Nous nous intéressons donc de plus en plus à ce qui se passe dans notre organisme et notamment dans notre ventre qui, nous le savons par expérience, réagit beaucoup à notre état mental. Vous êtes stressé ? Votre transit vous joue des tours. Vous êtes amoureux ? Vous avez des papillons dans le ventre… Bref, notre ventre est à la fois un indicateur de notre santé et de nos émotions.
On sait d'ailleurs que le système digestif joue un rôle dans la dépression, car il produit notamment de la sérotonine, une hormone qui régule les humeurs, les comportements alimentaires et le sommeil. Elle est présente en quantité insuffisante dans l'organisme des individus souffrants de troubles dépressifs. Des études sont actuellement menées pour tenter de guérir certains troubles psychiques par le système digestif.
Un univers de neurones et de bactéries
Le ventre abrite un univers à lui tout seul. Au sein de l'organisme, le système digestif est parfaitement autonome. Il contrôle tout son fonctionnement, des sécrétions à la vascularisation en passant par les mouvements péristaltiques (les contractions musculaires du tube digestif du haut vers le bas).
Mais il reste en lien très étroit avec le cerveau à travers ses 200 millions de neurones. Ce "système nerveux entérique" a une constitution similaire à celle de la moelle épinière. Il est relié au cerveau notamment par le "nerf vague". Le sang permet également de transmettre des informations du ventre vers le cerveau. Sachez que les signaux comme la faim ou la douleur sont d'abord générés par notre ventre avant de se propager au cerveau, comme 80 % des messages de ce type.
En plus des neurones, le système digestif abrite 100 milliards de bonnes bactéries qui constituent un microbiote unique (500 000 gènes bactériens ont été identifiés à ce jour). Elles participent à la digestion, à la bonne absorption des nutriments par les organes vitaux, elles contribuent à libérer de l'énergie, et à lutter contre les virus et les mauvaises bactéries. Par conséquent, lorsqu'un déséquilibre s'installe, c'est tout l'organisme qui est perturbé.