Aller au contenu principal

Penchons-nous sur l’intolérance au lactose qui est la plus fréquemment citée. Alors, y aurait-il une corrélation entre ces deux intolérances alimentaires ? Nous allons essayer de comprendre l’interaction entre ces deux intolérances, leurs caractéristiques propres et de proposer des alternatives pour gérer au mieux ces intolérances alimentaires.

1- Qu’est-ce que l’intolérance au lactose ?

"En France, 30 à 50 % des adultes ont une digestion incomplète du lactose.” Source Ameli.fr

L’intolérance au lactose est le résultat d’une présence non suffisante dans l’organisme de la lactase, l’enzyme digestive nécessaire à la digestion du lactose. Le lactose est présent dans le lait et ses produits dérivés : yaourt, fromage, beurre… C’est le principal sucre du lait. Pour pouvoir le digérer, le corps, et plus précisément l’intestin, produit un enzyme (la lactase) pour décomposer le lactose en deux : d’un côté le glucose et d’un autre le galactose. Ce procédé permet à l’organisme de mieux digérer le lactose.

Lorsque le lait ou un autre aliment ou boisson contenant du lactose atteint notre intestin grêle, une enzyme appelée lactase doit décomposer le lactose en sucres appelés glucose et galactose, qui peuvent être absorbés dans la circulation sanguine. S'il n'y a pas assez de lactase, le lactose non absorbé se déplace dans notre système digestif jusqu'au gros intestin, ou côlon. Dans le côlon, le lactose commence à fermenter en raison de la présence de bactéries, ce qui entraîne la production de divers gaz et l'apparition des symptômes associés à l'intolérance au lactose, tels que les ballonnements, les flatulences et la diarrhée.

La lactase est à son niveau optimal chez les bébés, ce qui leur permet de digérer sans difficulté le lait maternel. Puis comme chez tous les mammifères la production de lactase disparaît chez l’homme car celui-ci est censé abandonner la consommation de lait en grandissant. Des mutations sont toutefois apparues au cours de l’évolution de l’homme et maintiennent la production de la lactase à l’âge adulte. Mais ces mutations sont hétérogènes selon les populations, ce qui explique que l’organisme ne sécrète plus assez d’enzymes pour pouvoir décomposer le lactose chez certains. Chez d’autres, la production est suffisante pour dégrader le lactose et ces personnes ne souffrent pas d’inconfort digestif.

Selon la raison sous-jacente pour laquelle l'organisme ne produit pas suffisamment de lactase, l'intolérance au lactose peut être temporaire ou permanente.

Quels sont les symptômes de l’intolérance au lactose ?

Chez les personnes intolérantes, le lactose, non dégradé par la lactase, arrive dans le gros intestin où il est fermenté par les micro-organismes de la flore intestinale. La fermentation provoque la production de gaz. Donc les symptômes sont liés à ce processus de fermentation :

  • flatulences, gaz en excès

  • ballonnements

  • crampes abdominales

  • diarrhées

  • vomissements et/ou nausées

Ces symptômes sont assez similaires chez les personnes cœliaques. Mais contrairement à l’intolérance au gluten, les symptômes de l’intolérance au lactose sont particulièrement liés à la digestion.

Bien que présentant des symptômes similaires, l’intolérance au lactose ne doit pas non plus être confondue avec d’autres maladies comme le syndrome de l’intestin irritable.
 

Quelles sont les causes de l’intolérance au lactose ?

L'intolérance au lactose est-elle génétique ou héréditaire ? Peut-on développer une intolérance au lactose ? La réponse à ces deux questions est oui, parfois. Les réponses complètes peuvent être comprises en examinant les différents types de déficience en lactase, qui est à l'origine de l'intolérance au lactose.

Il existe deux causes majeures de l’intolérance : elle peut être soit génétique, soit une conséquence collatérale de d’autres pathologies.

La plupart des cas qui se développent chez les adultes ont une origine génétique et ont tendance à durer toute la vie, tandis que les cas chez les enfants sont souvent causés par une infection de l'intestin et peuvent ne durer que quelques semaines. Les cas permanents sont généralement causés par ce que l'on appelle une carence primaire en lactase, une incapacité à produire l'enzyme lactase due à des facteurs génétiques. On parle de carence en lactase secondaire lorsqu'un manque de lactase est causé par un autre problème de santé ou par l'utilisation de certains médicaments.

Déficit primaire en lactase

Lorsqu’elle est génétique, on parle d’alactasie primaire. C’est une absence de lactase dans l’organisme due à une mutation génétique. L’alactasie primaire est donc la cause la plus répandue de l’intolérance au lactose. En cas d’alactasie primaire, l’intolérance est irréversible. L’intolérance au lactose est rare chez les nouveaux-nés et les enfants. Lorsque ces derniers en sont atteints, on parle de déficit congénital en lactase, lié à l’incapacité de l’organisme à synthétiser la lactase.

Ce type de déficience en lactase est causé par une variation génétique qui se retrouve dans les familles. Le déficit primaire en lactase se développe lorsque la production de lactase de l'organisme diminue à mesure que la personne devient moins dépendante du lait et des produits laitiers dans son alimentation. Cela se produit généralement après l'âge de deux ans, lorsque l'allaitement au sein ou au biberon tend à s'arrêter, bien que les symptômes de l'intolérance au lactose qui en résulte puissent ne pas se manifester avant l'âge adulte

Déficit en lactase secondaire

Lorsque l’intolérance est consécutive à d’autres maladies (comme la maladie cœliaque, la gastro-entérite, la giardiase ou la maladie de Crohn) qui attaquent l’intestin grêle, on parle d’alactasie secondaire. Cela peut se produire à tout âge et peut être le résultat d'une autre affection, d'une intervention chirurgicale sur l'intestin grêle ou d'un effet secondaire de certains médicaments. Parmi les causes possibles d'une carence en lactase secondaire, citons :

- Gastro-entérite

- La maladie cœliaque

- La maladie de Crohn

- Colite ulcéreuse

- Chimiothérapie

- Longs traitements antibiotiques

La diminution de la production de lactase dans le cas d'une carence en lactase secondaire peut n'être que temporaire, mais elle peut aussi être permanente si elle est causée par une affection de longue durée. 

À un âge plus avancé, il est possible de développer une carence en lactase secondaire sans qu'aucune condition ou raison spécifique ne la déclenche, mais simplement parce que la production de l'enzyme diminue naturellement avec l'âge.

Contrairement à l’alactasie primaire, la secondaire peut être temporaire. Par exemple, pour ceux atteints de la maladie coelique, une fois le gluten de l’alimentation exclu, la production de lactase peut reprendre et donc le lactose peut être à nouveau digéré. 

Déficit congénital en lactase

Il s'agit d'une maladie héréditaire rare qui affecte les nouveau-nés. En raison d'un défaut génétique, l'enfant affecté produit très peu ou pas de lactase. La mutation génétique à l'origine du déficit congénital en lactase est transmise selon un mode de transmission autosomique récessif. Cela signifie que les deux parents doivent avoir une copie du gène pour transmettre l'affection. 

Déficit en lactase lié au développement

Certains bébés nés prématurément (avant la 37e semaine de gestation) présentent une intolérance temporaire au lactose parce que leur intestin grêle n'était pas complètement développé avant leur naissance. Cet état s'améliore généralement lorsque le bébé grandit. 

Intolérance au gluten & au lactose - corrélation

A la lecture de ce qui a été révélé précédemment, l’intolérance au lactose peut être liée à l’intolérance au gluten. En effet, l’altération des muqueuses de l’intestin en cas de maladie cœliaque peut être à l’origine d’un déficit en lactase de sorte que le lactose n’est plus complètement absorbé : une intolérance au lactose peut alors se manifester. En suivant un régime strict sans gluten, les muqueuses de l’intestin grêle se régénèrent et on peut alors généralement supporter le lactose à nouveau.

Cependant en cas d’alactasie primaire, il n’existe aucun lien puisque l’alactasie est d’origine génétique.

Par ailleurs, la corrélation n’est pas systématique. Il arrive que des malades cœliaques peuvent tout à fait continuer à consommer du lait sans inconfort. Car nous ne sommes pas égaux face à la maladie. La gravité peut varier d’intensité selon les personnes.

Diagnostic de l’intolérance au lactose

Les symptômes de l’intolérance au lactose peuvent se manifester entre 30 minutes jusqu’à 24h après la consommation de lait ou de produits laitiers. Contrairement à l’allergie aux protéines de lait (il n’existe pas d’allergie au lactose) qui produit des effets immédiats, l’intolérance au lactose est une maladie insidieuse comme l’intolérance au gluten. Par ailleurs, comme pour la maladie cœliaque, les symptômes de l’alactasie ne sont pas spécifiques. 

L’incertitude est grande mais la maladie peut être détectée au moyen de plusieurs méthodes. L’éviction du lactose pendant au moins 15 jours est une première approche. Si on ne ressent plus les symptômes d’inconfort digestif, le lactose peut être incriminé. Attention, l’éviction du lait et des produits laitiers n’est pas si évidente qu’elle en a l’air. En effet, des produits peuvent contenir du lactose car ils sont fabriqués avec du lait. Certains gâteaux sont dans ce cas. L’éviction doit être totale pour que les résultats soient probants.

Dr Bonne Bouffe, diététicienne et nutritionniste, évoque sur son blog plusieurs méthodes pour diagnostiquer l’intolérance au lactose que nous allons reprendre brièvement ci-après :

1- Le Breath Hydrogen Test

Ce test doit être effectué par un gastro-entérologue et réalisé à jeun. Le patient avale un liquide composé de 25g de lactose et doit expirer dans un embout toutes les 30 minutes. Au bout de 4 heures, on mesure la quantité d’hydrogène expiré. La fermentation du lactose génère une production de plusieurs gaz dont l’hydrogène.

“Une concentration anormalement élevée d'hydrogène indique que l'organisme n'a pas absorbé le lactose et que ce dernier a fermenté dans la flore intestinale produisant ainsi de l’hydrogène" explique le site d’Ameli.fr.

2- Le test d’acidité des selles

Ce test d’acidité des selles est uniquement réservé aux bébés et enfants en bas âge. La fermentation du lactose dans les intestins produit des gaz mais aussi de l’acide lactique, décelable dans les selles. Il s’agit donc de prélever un échantillon des selles et d’analyser si l’acide lactique est présent. Si c’est le cas, une intolérance au lactose est confirmée.

3- Le test de tolérance au lactose

Le lactose est le sucre du lait. Ainsi, lorsque la digestion du lactose fonctionne correctement, une augmentation de la glycémie est constatée. 

Ce test consiste donc à mesurer le taux de glycémie avant et après l’ingestion d’une quantité déterminée de lactose. Si le taux n’augmente pas alors le sujet est intolérant au lactose.

4- Le test génétique

Ce test consiste à prélever des cellules soit de l’intérieur de la joue soit d’une prise de sang. Attention : un résultat négatif n’écarte pas la probabilité d’une intolérance au lactose.  En effet, ces tests permettent seulement de détecter une intolérance d’origine génétique (alactasie primaire) et ne peut déceler d’intolérance secondaire qui peut survenir après le prélèvement de cellules. 

Intolérance au lactose et traitement

Si vous êtes  atteints d’alactasie primaire, vous ne pouvez pas “guérir” puisque la maladie est irréversible. Concernant l’intolérance au lactose secondaire, vous pouvez agir pour réduire ou éliminer l’inconfort lié à cette insuffisance en lactase. En effet, comme dit précédemment, c’est une maladie qui est temporaire. Si on est également cœliaque et qu’on retire le gluten de l’alimentation, le corps peut produire à nouveau de la lactase pour digérer les sucres du lait.

Cependant, même si vous adoptez une alimentation sans gluten, il est possible que vous ne métabolisez pas bien le lactose et donc un régime pauvre en lactose doit être envisagé. 

Quels sont les traitements contre l’intolérance au lactose ?

S’il n’y a pas véritablement de traitement médical contre l’alactasie, on peut cependant observer quelques règles pour se prémunir contre les symptômes de la maladie.

Vous pouvez choisir de ne plus consommer de lactose soit parce que vous êtes hypersensibles soit à cause d’une intolérance ou même une allergie aux protéines de lait mais il y a des précautions à suivre. Attention, tout comme pour le gluten, l’éviction du lactose doit être précédée d’une consultation chez un médecin. Après examens pour confirmer votre intolérance, ce dernier pourra vous prescrire un régime équilibré, pauvre en lactose mais compensé par d’autres apports nutritionnels. 

Ensuite, limitez vos apports en lactose (évitez de boire en une seule prise au-delà d’un verre de lait à jeun) et échelonnez-les tout au long de la journée.

Préférez les fromages à pâte dure et/ou affinés. Les fromages frais, les fromages blancs et les yaourts sont plus riches en lactose.

Les alternatives pour une intolérance au lactose

Les alternatives au lactose sont assez nombreuses, si vous n’êtes pas sujets à d’autres intolérances alimentaires autres que la maladie cœliaque (aux noix par exemple).

Vous pouvez remplacer le lait de vache par les boissons végétales issues de noix (amandes, noisettes), de noix de coco, de riz, de soja...

 

De nos jours, il est courant de trouver des boissons végétales, aussi bien dans les petites que les grandes surfaces. Mais si vous souhaitez fabriquer vous-même votre boisson (on ne dit pas “lait” car elles ne sont pas d’origine animale), nous vous avons trouvé une recette via cfaitmaison.com : 

  • Faites tremper les amandes crues bio non émondées pendant une journée ou une nuit complète (12h). 

  • Jetez l'eau de trempage. 

  • Rincez bien les amandes et broyez-les au robot ou au blender. 

  • Le liquide obtenu peut être épais. Rajoutez de l’eau pour obtenir une consistance plus liquide.

De même, vous pouvez aussi réaliser votre propre crème fouettée vegan avec de la crème de coco. La recette est à retrouver sur le site Vegan-pratique.fr.

Et vous, quelles sont vos recettes favorites sans gluten et sans lactose ?