Gluten et intestin : rencontre impossible
Plusieurs pistes sont étudiées pour stopper l’intolérance au gluten. Certains travaux s’attachent à détruire le gluten avant même son arrivée dans l’intestin. Poudre à diluer dans de l’eau et à boire avant chaque repas, pilule à avaler, etc. la recherche américaine est très active sur le sujet. Tout un travail d’identification reste à faire sur les enzymes afin de repérer celles qui décomposeraient le plus efficacement le gluten, en particulier la gliadine, la molécule directement responsable de l’intolérance au gluten.
Apprendre à l’organisme à tolérer le gluten
La recherche s’applique également à trouver des traitements permettant à l’organisme de mieux tolérer la présence de gluten en “rééduquant” le système immunitaire afin que ce dernier puisse modifier ses réponses.
Basé sur le principe de la désensibilisation, le principe consiste à injecter en petite quantité (nanoparticulaire) l’allergène, en l’occurrence la gliadine, pour habituer le système immunitaire à cette dernière.
Plus globalement, des essais sont menés pour renforcer la barrière intestinale et la rendre imperméable au gluten mais aussi pour diminuer les facteurs inflammatoires à l’origine des lésions. Au-delà de la maladie cœliaque, ces découvertes permettraient de soigner d’autres allergies ou maladies auto-immunes. Les résultats de ses essais cliniques ont été présentés à l’European Gastroenterology Weeks en 2019 à Barcelone par une équipe de la Northwestern University (Chicago).
Vers un blé sans gluten ?
Une autre solution consisterait à faire disparaître le gluten dans le blé en ayant recours aux OGM et à l’hybridation. De cette façon, les farines et tous les produits dérivés n’en contiendraient plus. Des variétés de blés anciennes sont ainsi passées au crible par des chercheurs pour vérifier si elles provoquent moins d’intolérance ou de sensibilité. Ces recherches n’en sont qu’à leurs balbutiements et la question se pose de la valeur nutritionnelle d’un “faux blé” mais la promesse est réelle.
Des process à valider
Certaines pistes et traitements concernant la maladie cœliaque ont été testés et retenus mais comme pour tout traitement, ils devront être approuvés par les autorités en charge des médicaments. Un processus long et complexe de certification qui prend parfois plusieurs années pour aboutir.
Des tests moins invasifs
Pour poser le diagnostic d’une maladie cœliaque, le protocole actuel consiste en une prise de sang et en une biopsie sous endoscopie. Ce test est invasif et exige que les personnes consomment du gluten pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour être précis.
Les dernières recherches issues du Walter and Eliza Hall Institute of Medical Research ont identifié des marqueurs dans le sang chez les malades cœliaques quelques heures seulement après la consommation de gluten. Si cette étude se confirmait, il suffirait alors seulement d’une analyse de sang avant un repas qui contient du gluten et quatre heures après pour confirmer ou non la présence d’une maladie cœliaque. Un gain de temps et une facilité de diagnostic considérables par rapport à l'approche actuelle qui nécessite une hospitalisation et une anesthésie, sinon générale, au moins locale.
En attendant ces nouveaux traitements et dépistages, la consigne est de respecter un régime strict sans gluten pour diminuer les risques d’ulcères intestinaux, d’ostéoporose et de cancers.