Régime sans gluten avant/après : pour quelles raisons l’adopter ?
Le régime sans gluten n’est pas un phénomène de mode, contrairement à une idée largement répandue, mais répond à un impératif de santé. Il est obligatoire lorsque la personne souffre de la maladie cœliaque, d’une intolérance au gluten, ou d’une sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC).
Les symptômes de la maladie cœliaque
Les signes qui peuvent faire penser à une maladie cœliaque ou à une intolérance au gluten diffèrent en fonction de l’âge :
• Chez le nourrisson, le médecin ou le pédiatre observe un retard de croissance qui s’accompagne d’une certaine apathie, d’une teinte pâle au niveau de la peau et des muqueuses, et d’une anorexie.
• Les enfants plus grands présentent des ballonnements, des selles liquides et très fréquentes, une anémie (en folates et en fer), un retard de croissance, des douleurs au niveau du ventre, des nausées, des vomissements.
• Les adultes souffrant de la maladie cœliaque se plaignent de diarrhée chronique, de douleurs abdominales, d’une perte de poids importante, de nausées, de vomissements. Ces signes habituels peuvent s’accompagner de symptômes plus difficiles à associer à la maladie cœliaque, car ils peuvent être le signe d’une multitude d’autres pathologies : fatigue chronique, dépression, douleurs osseuses, aphtes récidivants, infertilité, ecchymoses, anémie, carence en vitamine B12, etc.
Certaines pathologies peuvent amener le médecin à vérifier que la personne qui en souffrance n’est pas, en outre, atteinte de la maladie cœliaque. Il s’agit notamment de dermatite herpétiforme (éruptions cutanées avec prurit), du diabète de type 1, de l’inflammation de la glande thyroïde, du syndrome de Sjögren (déficience de certaines glandes à produire les sécrétions) ou de la cirrhose biliaire primitive (maladie chronique du foie).
Enfin, la présence d’antécédents familiaux de maladie cœliaque augmente le risque pour un enfant de souffrir de cette pathologie.
Le diagnostic de la maladie cœliaque
Pour établir le diagnostic de la maladie cœliaque, le médecin va effectuer une batterie d’examens, notamment :
• Une prise de sang pour détecter les anticorps de type IgG et de type IgA et/ou les anticorps anti-endomysium. Il peut aussi procéder à la recherche d’anticorps anti-transglutaminase.
• Pour confirmer les résultats de la sérologie via l’analyse de sang, il prescrit une gastro-endoscopie avec biopsie de l’intestin (duodénum) afin de repérer la présence en trop grande quantité de lymphocytes intra-épithéliaux (cellules du système immunitaire dans la muqueuse), et une atrophie des villosités de la paroi intestinale.
Qu’est-ce que la sensibilité au gluten non cœliaque ?
La sensibilité au gluten non cœliaque, connue aussi sous ses initiales SGNC, a fait longtemps l’objet de débats au sein de la communauté scientifique et médicale. Toutefois, plusieurs études ont établi qu’il s’agissait d’une condition clinique de certaines personnes chez lesquelles l’ingestion de gluten provoque les mêmes symptômes que la maladie cœliaque. Et, pour ces personnes, les effets positifs avant/après du régime sans gluten se font bien sentir. Toutefois, la SGNC n’est pas une maladie auto-immune comme la maladie cœliaque, ni une allergie comme l’allergie au blé. D’après une étude de Peter H. Green et Armin Alaedini au sein du Columbia University Medical Center, les personnes souffrant d’une sensibilité au gluten non cœliaque présentent des marqueurs sanguins de l'activation immunitaire systémique aiguë. Leur sensibilité n’est donc pas psychosomatique, mais bien réelle. Et leur état de santé s’améliore dès l’application stricte d’un régime sans gluten.
Les causes de la maladie cœliaque et de l’intolérance au gluten
Jusqu’à aujourd’hui, les causes exactes de la maladie cœliaque et de l’intolérance au gluten demeurent inconnues des chercheurs. Ils savent néanmoins qu’il s’agit d’une pathologie immunitaire avec médiation génétique, car :
• Le risque de développer ces pathologies est accru de 10 % si son père, sa mère, ses frères et sœurs ou ses enfants en souffrent déjà.
• Environ 95 % des personnes atteintes par ces maladies sont porteuses du ou des gènes spécifiques HLA-DQ2 et/ou HLA-DQ8. Toutefois, ce chiffre est à pondérer : en effet, 20 % des personnes qui portent ces gènes ne développeront jamais de maladie cœliaque.
Si les causes précises restent mystérieuses, certains facteurs augmentent le risque de souffrir d’une intolérance au gluten :
• une autre maladie auto-immune, notamment la thyroïdite auto-immune de Hashimoto ;
• le diabète de type 1 (dit aussi insulino-dépendant) ;
• certaines anomalies au niveau des chromosomes.
Le traitement de la maladie cœliaque et de l’intolérance au gluten
Le seul traitement qui permet d’atténuer l’atrophie et la destruction des villosités de la paroi intestinale, et par conséquent la prévention des complications de la maladie cœliaque, est l’adoption d’un régime sans gluten rigoureux.