Aller au contenu principal

La maltodextrine est une poudre blanche inodore et au goût très légèrement sucré. Elle est utilisée dans l’industrie alimentaire comme agent de texture et de conservation, dans l’industrie pharmaceutique comme excipient, et dans l’industrie cosmétique comme épaississant. On la trouve également dans certaines lessives.

Elle résulte de l’hydrolyse d’un amidon (blé, maïs, pois) ou d’une fécule (pomme de terre). L’hydrolyse est une réaction chimique enzymatique au cours de laquelle il y a rupture de liaison d’une molécule par l’eau. Par exemple, l’hydrolyse de l’amidon transforme ce glucide complexe en différents sucres simples : maltose ou glucose principalement. Pour schématiser, lors d’une hydrolyse, on ajoute de l’eau pour rompre les liaisons entre les différents sucres simples qui composent le glucide complexe. Le degré d’hydrolyse est notifié par la note D.E., ce qui signifie "dextrose équivalent". Le dextrose est la forme de glucose que l’on obtient lorsque l’hydrolyse de l’amidon est totale. Le D.E. peut aller de 0 à 100. Plus il est élevé, plus la transformation a été importante : un D.E. de 100 correspondrait alors à du dextrose pur, et un D.E. 0, à de l’amidon. Lorsque le D.E. dépasse les 20, on ne peut plus parler de maltodextrine mais de sirop de glucose déshydraté. Ce dernier est utilisé par exemple dans la fabrication de glaces ou de sodas et a, tout naturellement, un goût très fortement sucré, contrairement à la maltodextrine qui n’a que peu de saveur.

Maltodextrine et régime sans gluten sont-ils compatibles ?

Même si la maltodextrine peut être fabriquée à base d’amidon de blé, l’hydrolyse détruit toute trace de gluten. Il n’y a donc plus de gluten dans la maltodextrine, ce qui permet aux personnes intolérantesd’en consommer sans souci.

En revanche, selon des études scientifiques menées sur des souris, la maltodextrine aurait tendance à aggraver les symptômes des maladies inflammatoires de l’intestin, en favorisant la prolifération de certaines bactéries agressives telles que les salmonelles. Dans le cas d’un régime sans gluten suivi par une personne atteinte de la maladie cœliaque, il faut donc éviter la consommation de maltodextrine. Cette éviction n’est pas causée par le gluten en lui-même – puisqu’il n’y en a plus – mais par l’action néfaste de la maltodextrine sur les parois de l’intestin grêle.

Dans le cas d’une intolérance, on peut remplacer la maltodextrine par de la stévia, de la pectine ou de la gomme de guar par exemple. Cette dernière est particulièrement adaptée aux personnes diabétiques puisqu’elle ralentit l’absorption du sucre par le corps.

Maltodextrine – utilisation pour la musculation

On utilise la maltodextrine dans le sport pour permettre aux athlètes d’obtenir de meilleures performances et d’éviter le fameux "mur du marathon". Heurter (métaphoriquement bien sûr !) ce mur signifie avoir épuisé ses réserves de glycogène. Ce dernier est un sucre qui sert de carburant au cerveau, au cœur, mais aussi aux muscles, lors d’un effort. Cette "panne" est expérimentée par les grands sportifs et touche particulièrement les marathoniens une fois qu’ils ont dépassé le kilomètre 30 de leur course. Entre 30 et 35 km de course ou de marche rapide, le corps commence à puiser dans les réserves de graisse puisque le stock de sucre est épuisé. Toutefois, le procédé est lent et ne suffit pas à combler les besoins immédiats (et très élevés) du sportif. C’est alors que survient le très redouté "mur du marathon".

Dans le cas de la musculation, les réserves peuvent baisser encore plus vite que lors d’une course d’endurance, car l’effort est particulièrement intense, quoique plus bref. Il faut donc, là aussi, être vigilant et faire remonter rapidement son indice glycémique si celui-ci a trop diminué.

Pour pallier cette phase d’épuisement qui peut réduire à néant des mois d’entraînement, les sportifs peuvent se tourner vers la maltodextrine. Son rôle va être de remplir au maximum la réserve de glycogène musculaire, en prévision d’un effort important. Il s’agit d’en prendre régulièrement pendant les trois jours précédant une compétition par exemple. Le corps est ainsi gonflé à bloc et prêt à se dépasser ! La dose recommandée est d’environ 10 grammes par kg et par jour, et s’accompagne d’un ralentissement du rythme d’entraînement. Comme la poudre se dilue aisément dans de l’eau, il s’agit d’un produit facile à consommer, d’autant plus qu’elle a un goût neutre. De plus, l’assimilation de la maltodextrine par le corps réclame peu d’eau, elle ne risque donc pas de déshydrater le sportif. Pour éviter la déshydratation, il faut d’ailleurs éviter les boissons énergisantes contenant des glucides à fort index glycémique ; en effet, elles ont tendance à brutalement déshydrater le sportif.

Au quotidien, il est possible de prendre de la maltodextrine avant, pendant ou après une séance d’entraînement. Dans ce cas, les dosages sont légers et suffisent à donner au corps l’énergie dont il a besoin. La maltodextrine permet aussi de favoriser la récupération musculaire après l’effort.

Un produit miracle alors ? Très utile pour les sportifs, la maltodextrine doit toutefois être consommée de façon raisonnable. Les prises doivent être encadrées par un professionnel de la nutrition, car un abus pourrait avoir de lourdes conséquences.

La maltodextrine comporte-t-elle des dangers ?

Alors que certains additifs sont fortement réglementés, la maltodextrine n’est pas soumise à une DJA (Dose Journalière Admissible, soit la quantité de substance que l’on peut ingérer par jour sans que cela représente un risque pour la santé).

Toutefois, une consommation excessive de maltodextrine peut causer :

  • A long terme, du diabète de type 2 puisqu’elle engendre des pics de glycémie ;
  • Une prise de poids, si elle n’est pas accompagnée d’une activité physique suffisante, puisqu’elle est très calorique.

Certains craignent également qu’elle favorise l’apparition de caries et nuise à la santé bucco-dentaire en général, puisqu’elle contient des sucres en grande quantité.

On peut également revenir sur le fait qu’elle aggrave les maladies inflammatoires de l’intestin, comme la maladie de Crohn.

Il s’agit donc d’un produit à consommer de façon raisonnée. Lorsque la maltodextrine est présente dans les produits du quotidien (sauces, laitages, boissons végétales, lait infantile…), elle est inoffensive. C’est lorsqu’on en prend de façon régulière, dans le cadre d’une pratique sportive par exemple, que les risques sont décuplés.

La maltodextrine – les effets secondaires

Il existe, pour la maltodextrine, une liste assez conséquente d’effets secondaires. La plupart sont d’ordre digestifs (ballonnements, crampes, flatulences, diarrhée…) mais certains sont cutanés (irritations, démangeaisons…). Il peut s’agir d’une allergie ou des conséquences d’un surdosage. Si ces troubles surviennent, il est essentiel de se tourner vers un professionnel de santé pour en éclaircir l’origine.

Rappelons pour terminer que si l’usage régulier de la maltodextrine est déconseillé aux personnes atteintes de maladies inflammatoires de l’intestin, il l’est également pour les diabétiques et ceux qui souffrent de prédiabète.