Aller au contenu principal

La digestion, un mécanisme complexe

L’appareil digestif humain répond à une mécanique particulièrement compliquée au cœur de laquelle de nombreux acteurs jouent un rôle prépondérant. En effet, le processus biologique pendant lequel les aliments que nous avons ingérés sont dégradés nécessite l’intervention de plusieurs organes, mais également de sucs digestifs et de bactéries. La digestion humaine débute dès la mastication au sein de la bouche et s’achève par l’absorption nutritionnelle au niveau de l’intestin ou par l’évacuation des selles au niveau du rectum.

La grande diversité des maux de ventre

Lorsqu’un ou plusieurs des rouages du système digestif ne fonctionnent pas correctement, les troubles surviennent. D’une manière assez commune, nous avons pris l’habitude de les regrouper sous un terme générique;: "mal de ventre". Mais d’un point de vue médical, il s’agit bien d’un symptôme et non d’une pathologie à part entière. Ce dernier peut prendre de multiples formes;: ballonnement, brûlures d’estomac, douleurs abdominales, diarrhée, nausées, vomissements… Pour en trouver l’origine, il est souvent nécessaire de mener des investigations supplémentaires en pratiquant des examens gastro-entérologiques spécifiques, comme une gastroscopie ou une cœlioscopie.

Quand faut-il s’inquiéter d’avoir mal au ventre;?

Il est assez fréquent de ressentir un léger mal au ventre après avoir mangé un repas copieux. Mais aussi désagréable soit-elle, cette sensation de pesanteur ou de ballonnement reste bénigne dans la grande majorité des cas. Néanmoins, il est impératif de consulter son médecin traitant lorsque le trouble persiste dans le temps ou s’intensifie. De même, une douleur abdominale intense qui survient de manière brutale doit également faire l’objet d’une consultation médicale d’autant plus urgente si elle s’accompagne de fièvre, de nausées ou de vomissements.

;

Les troubles digestifs fonctionnels

Dans cette catégorie, on retrouve l’ensemble des troubles du système digestif pour lesquels aucune lésion n’a été détectée. On parle de troubles "fonctionnels" pour qualifier le fait que les symptômes ressentis résultent uniquement d’un dysfonctionnement de l’appareil digestif. Il existe plusieurs types de troubles digestifs fonctionnels, ceux-ci se différenciant principalement selon l’organe du système digestif qui fonctionne mal;:

  • les troubles digestifs de l’estomac;: également appelés "dyspepsie", ces troubles se manifestent par des signes tels que des brûlures gastriques, des nausées, des éructations multiples, des ballonnements, une douleur survenant après le repas…;
  • les troubles digestifs de l’intestin;: ceux-ci se caractérisent par des ballonnements (aérophagie), des gaz, des diarrhées ou de la constipation.

Zoom sur le syndrome de l’intestin irritable

Également appelé "colopathie fonctionnelle" ou "côlon irritable", le syndrome de l’intestin irritable fait partie des troubles digestifs "bas" puisqu’il concerne exclusivement le côlon. Bénin et relativement fréquent, ce trouble du fonctionnement intestinal se manifeste par une association de différents symptômes dont l’intensité varie en fonction des individus;: douleurs abdominales, manifestations intestinales (diarrhée et/ou constipation), ballonnement, gaz… Si de nombreux facteurs sont impliqués, le syndrome de l’intestin irritable résulte bien souvent d’un trouble de la motricité au niveau du côlon (gros intestin) qui va accélérer ou ralentir le transit intestinal et générer un inconfort digestif pouvant être très gênant, voire socialement handicapant.

Les pathologies du système digestif

Contrairement aux troubles fonctionnels pour lesquels aucune cause avérée n’a été détectée, les maladies du système digestif font, elles, l’objet d’un diagnostic précis. De nombreuses maladies peuvent ainsi être à l’origine d’un mal de ventre répété après manger. En voici une liste non exhaustive…

Le reflux gastro-œsophagien pathologique (GERD)

Cette affection survient lorsque les sucs gastriques sécrétés par l’estomac pour digérer les aliments remontent au sein de l’œsophage. Induite par un dysfonctionnement du sphincter œsophagien, cette perméabilité entre les deux organes du système digestif provoque des brûlures et des irritations qui, sans traitement, peuvent entraîner des lésions stomacales.

L’ulcère gastroduodénal

Causé par la bactérie Helicobacter pylori, cet ulcère gastrique altère l’intégrité de la paroi stomacale et/ou duodénale provoquant, de fait, une douleur importante lors du contact avec l’acide gastrique. En l’absence de prise en charge, la pathologie peut provoquer une hémorragie – voire une perforation – du tube digestif.

La maladie cœliaque

D’origine auto-immune, cette maladie intestinale chronique résulte d’une réaction inappropriée du système immunitaire en présence de gluten. Ces protéines contenues dans de nombreuses céréales, comme le blé ou l’orge, vont déclencher un orage immunitaire qui va occasionner un mal de ventre intense des lésions au niveau des villosités intestinales. Sans éviction totale du gluten, la maladie cœliaque – ou intolérance au gluten – cause des troubles de l’absorption nutritionnelle.

La maladie de Crohn

Il s’agit d’une Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin (MICI) qui se caractérise par une évolution cyclique, c’est-à-dire oscillant entre phases de crise et de rémission.Bien qu’elle soit liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif, les causes précises de l’inflammation ne sont pas formellement avérées, mais les lésions qu’elle engendre, en revanche, peuvent toucher toutes les zones de l’appareil digestif (de la bouche à l’anus). La maladie de Crohn est à l’origine d’intenses douleurs abdominales, d’une perte de poids importante et d’une extrême fatigue. En cas de prise en charge insuffisante, elle peut conduire à des complications sérieuses, comme l’occlusion intestinale.

La colite ulcéreuse

Également considérée comme une MICI, la colite ulcéreuse – ou rectocolite hémorragique– affecte la muqueuse colorectale. À l’origine de crampes abdominales particulièrement douloureuses et de sang dans les selles, cette pathologie est due à un dérèglement du immunitaire;qui va s’attaquer à ses propres cellules, générant dès lors une réaction inflammatoire majeure et destructrice.

La hernie hiatale

La hernie hiatale survient lorsqu’une partie de l’estomac remonte partiellement dans l’œsophage par le hiatus œsophagien, une petite ouverture au sein du diaphragme. Si les causes des hernies ne sont pas connues, on sait en revanche que l’obésité et le surpoids constituent des facteurs de risque. Souvent asymptomatique dans un premier temps, cette forme de hernie peut se manifester par une sensation de pesanteur après les repas, de trop-plein.

Comment est établi le diagnostic?

Après un examen clinique minutieux et un interrogatoire précis, le médecin traitant peut décider d’adresser son patient à l’un de ses confrères gastro-entérologues. Rappelons que la gastro-entérologie correspond à la spécialité médicale chargée de l’étude, de l’exploration et de la prise en charge des différents troubles susceptibles d’affecter l’appareil digestif dans son ensemble. Seul ce praticien dispose des outils et de l’expertise nécessaire pour établir un diagnostic précis face à un mal de ventre récurrent. Pour cela, le gastro-entérologue dispose de différents outils:

  • L’examen clinique : il s’agit d’un examen physique qui consiste à palper différentes structures du système digestif afin de détecter la présence d’anomalies.
  • Les analyses sanguines : la numération formule sanguine (NFS) et l’analyse de la composition biochimique du sang font partie des examens les plus fréquemment prescrits.
  • Les examens endoscopiques : coloscopie, gastroscopie, rectoscopie… Voilà les examens exploratoires qui permettent de visualiser l’intérieur du tube digestif.
  • Les examens d’imagerie médicale: scanner, échographie, IRM, rectoscanner… Ces examens offrent également une vision des différents organes qui composent l’appareil digestif.

Quels sont les traitements possibles ?

La prise en charge des personnes qui souffrent d’un mal de ventre chronique ou handicapant va dépendre de l’origine du trouble que seul un gastro-entérologue pourra déterminer. Il existe de nombreux médicaments susceptibles d’être utilisés pour limiter ou faire disparaître les symptômes: les antalgiques contre les symptômes de l’inflammation les antispasmodiques contre les crampes abdominales ou d’estomac, les laxatifs contre la constipation, les ralentisseurs du transit intestinal contre la diarrhée...

Le régime alimentaire

Si l’alimentation est souvent à l’origine des maux de ventre, elle constitue également un levier sur lequel il est possible d’agir pour réduire les signes ressentis. Il est important d’adapter son régime alimentaire en fonction des symptômes présentés. Pour cela, la plupart des spécialistes recommandent à leurs patients de tenir une sorte de carnet de bord qui recense les aliments ingérés au cours des repas et l’incidence qu’ils ont eue sur le processus digestif. Si ce conseil peut paraître difficile à tenir sur le long terme, il contribue toutefois à repérer plus facilement les aliments qui déclenchent une douleur après manger. De cette manière, il est possible d’établir un régime alimentaire "à la carte" en évitant les produits déclencheurs du mal de ventre.

L’activité physique

Parallèlement à une alimentation plus adaptée, les autorités sanitaires recommandent aux personnes qui souffrent de maux de ventre récurrents de pratiquer une activité physique régulière. Stimuler les structures musculaires qui soutiennent l’appareil digestif permet également de solliciter les organes digestifs et d’améliorer leur fonctionnement. En effet, une sangle abdominale suffisamment musclée améliore considérablement le bien-être digestif ainsi que le transit intestinal. On sait également que le sport permet de réduire le stress qui est, lui aussi, un facteur favorisant la douleur au ventre. Attention toutefois aux sports d’endurance comme le jogging ou la natation qui peuvent accélérer le transit.