Comprendre l’intolérance au gluten
La maladie cœliaque résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire. En présence de protéines de gluten, l’organisme des personnes touchées par cette pathologie va déclencher une réaction immunitaire totalement inappropriée au sein de l’intestin grêle. Le phénomène inflammatoire ainsi déclenché va entraîner une destruction plus ou moins massive des villosités intestinales. Ces structures qui revêtent l’apparence de cils jouent un rôle essentiel dans le processus de l’absorption des nutriments. Sans l’instauration d’un régime alimentaire sans gluten, le risque de carences augmente.
Au fait, le gluten, c’est quoi ?
Derrière ce terme générique se cache en réalité l’ensemble des protéines qui apportent de l’élasticité à une pâte à pizza ou à une pâte à pain. C’est une sorte de colle naturelle contenue dans de nombreuses céréales, comme le blé, le seigle, l’orge ou encore l’épeautre. Chez les intolérants, la réaction auto-immune n’est pas déclenchée par l’amalgame de ces protéines, mais bien par une part spécifique qui va dépendre de la céréale. Pour le blé, la fraction concernée est la gliadine, tandis que ce sera l’hordéine pour l’orge.
Reconnaître les symptômes de l’intolérance au gluten
Chez certains malades, l’intolérance au gluten ne se traduit par aucun signe clinique spécifique. On dit que l’intolérance est asymptomatique. Chez d’autres, en revanche, les symptômes digestifs de la maladie cœliaque sont massifs et récurrents :
- diarrhée chronique,
- perte de poids,
- nausées et/ou vomissements,
- douleurs et crampes intestinales,
- ballonnements…
Si la maladie cœliaque peut être détectée chez le jeune enfant (entre 6 mois et 2 ans), elle peut néanmoins survenir à n’importe quel âge. On remarque toutefois une prédisposition génétique chez les femmes, qui restent plus touchées que les hommes. Plus l’intolérance au gluten s’installe, plus les déficits nutritionnels vont impacter le reste de l’organisme, provoquant des symptômes tels que des douleurs articulaires, musculaires et/ou osseuses, une infertilité, des troubles du cycle menstruel, des éruptions cutanées…
Diagnostiquer l’intolérance au gluten
Ce sont les symptômes digestifs qui poussent les patients à consulter leur médecin traitant pour ce motif. Après un examen clinique minutieux et un interrogatoire poussé pour détailler chaque signe clinique présenté, le praticien peut juger utile de confier son patient – adulte ou enfant – à l’un de ses confrères en gastro-entérologie pour une poursuite de l’investigation. Pour confirmer le diagnostic d’une maladie cœliaque, plusieurs outils sont à la disposition du gastro-entérologue :
Etape 1 : Dosage des anticorps
- la recherche par prise de sang des anticorps anti-endomysium de classe IgA et IgG, et anti-transglutaminase de classe IgA et IgG. La présence de l’un ou de plusieurs de ces anticorps peut être révélatrice de la maladie cœliaque. Ce dosage peut être prescrit par un médecin généraliste.
Etape 2 : Confirmation du diagnostic
- la réalisation d’une coloscopie pour visualiser une éventuelle atrophie des villosités intestinales et effectuer des prélèvements au niveau de l’intestin grêle pour analyse. Si les résultats histologiques sont positifs, l’intolérance au gluten est confirmée.
Traiter l’intolérance au gluten
A ce jour, il n’existe pas de traitement médicamenteux susceptible de traiter la maladie cœliaque. La prise en charge des intolérants se base sur une stratégie thérapeutique unique : l’éviction totale du gluten du régime alimentaire. Même une prise minime de gluten peut constituer un signe déclencheur pour le système immunitaire. La mise en œuvre d’un régime strict sans gluten constitue la seule alternative possible à l’heure actuelle pour stopper les symptômes digestifs liés aux intolérances alimentaires de ce type, en réduisant, voire éliminant, la présence des anticorps à l’origine de la réaction immunitaire. Plus encore, l’arrêt de l’ingestion du gluten permet généralement de restaurer les villosités intestinales qui ont été impactées par les réactions inflammatoires successives. En cas de prise en charge trop tardive ou insuffisante de la maladie cœliaque, de graves complications peuvent survenir : calculs rénaux, ostéoporose, lymphome intestinal, cancer de l’intestin, état de malnutrition, neuropathie…
Adopter un régime sans gluten
Le problème avec le gluten, c’est qu’il entre dans la composition de nombreux aliments. La majorité des produits boulangers – pain, pâtisseries, viennoiseries… – contiennent cette protéine. Mais on en trouve également dans de nombreux autres aliments et il s’avère parfois difficile de le débusquer puisqu’il est souvent utilisé comme additif dans des produits industrialisés aussi divers que variés : charcuterie, sauces soja, biscuits apéritifs… Il est donc impératif de bien lire les étiquettes. Pour leur régime "gluten free", les intolérants au gluten peuvent toutefois se tourner sans inquiétude vers des aliments qui ne contiennent pas du tout de gluten. C’est le cas, entre autres, des fruits et des légumes frais, de la viande, du poisson, des laitages classiques (hors fromage à tartiner et entremets)…
Intolérance au gluten, quelles alternatives ?
Pour limiter au maximum les risques de carences alimentaires, les malades cœliaques doivent souvent recourir à un régime basé sur alternatives aux aliments contenant du gluten. Si les céréales comme le blé ou le seigle doivent être bannies, d’autres comme le sarrasin, le maïs ou encore le riz constituent des solutions de remplacement très intéressantes pour maintenir un régime équilibré. Pour limiter les symptômes digestifs qu’elle entraîne, l’intolérance au gluten nécessite généralement que les patients repensent totalement leur manière de s’alimenter. Cela passe par un apprentissage de nouvelles recettes et par l’utilisation d’ingrédients moins fréquemment employés dans la cuisine française. Chez l’enfant en bas âge, un lait infantile sans gluten devra être adopté pour améliorer son bien-être digestif, tandis que la diversification alimentaire devra être minutieusement programmée.